Anecdotes de messins

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Le Sablon par François Delaitre - Metz - Janvier 2012

J’ai habité toute mon enfance entre les voies ferrées du dépôt/triage S.N.C.F. du Sablon et ses locos vapeur, et la rue du XXème corps, sans oublier les gazomètres… Entre ces hauts lieux de la technologie moderne, il y avait une enclave verdoyante et sportive : deux courts de tennis en terre battue que des amoureux de la petite balle (blanche à l’époque) avaient patiemment construits de leurs mains dans les années cinquante. Tout gosse, j’y ai commencé la pratique de ce sport. Adolescent, j’avais alors atteint un certain niveau tennistique, mais cela ne me permettait pas de jouer avec mes copains sur les courts après 18 heures : Tranches horaires réservées aux adultes. Ou alors, il fallait partager son terrain avec un adulte… C’est ainsi que je servis de « sparring partner » à un « grand » qui allait devenir beaucoup plus tard maire de Metz ! Mes activités professionnelles m’amenèrent à rencontrer plusieurs fois Monsieur J.-M. Rausch qui me faisait toujours une remarque toute amicale sur les scores sévères qu’il encaissait face à moi, devant mes collègues très impressionnés que j’ai pu partager ainsi de tels instants avec le maire… Le club de tennis situé entre le contre-bas de la rue de la Marne et les voies ferrées, s’il disposait d’une douche dans un petit blockhaus et d’une cabane pour ranger le matériel technique, n’avait pas à l’époque ni « club house », ni bar, ni même de frigo… Après une partie, il fallait suivre mes parents qui se rendaient rue du XXème corps à « La Coupole », un café avec une terrasse ombragée qui donnait sur la rue. On voyait ainsi défiler les grosses voitures américaines provenant des casernes du « quartier Colin ». Mais aussi celles qui stationnaient là pour désaltérer leurs passagers d’une petite Amos… Mais, j’ai toujours pensé que la jolie serveuse y était sûrement aussi pour quelque chose… La proximité des machines à vapeur qui crachotaient leurs escarbilles qui retombaient sur les draps blancs étendus dans la cour avaient le don d’exaspérer ma mère… Tout comme nos séjours sur le pont Franiatte, tout près, où nous allions avec mon frère voir passer ces magnifiques monstres d’acier crachant cette maudite fumée qui nous enveloppait… puis déposait ses taches de suie.



Petit bonjour à Dujardin par Jacques Gandebeuf - Metz - novembre 2010

Chaque fois que le samedi, j’arrive à m’extraire à petits pas du Marché couvert de Metz, après que, par l’odeur alléchés, des touristes Pompidou m’aient barré le passage devant les étals de jambons, je trottine vers la Cathédrale pour donner un petit bonjour à Dujardin. Son nom est peu connu des Messins alors qu’on lui doit la résurrection des sculptures médiévales au fronton des deux Portails du Christ et de la Vierge. Mais alors, ce Dujardin ? On a beau chercher dans le dictionnaire, il n’y figure point. Après tout, se dit-on, c’est normal depuis le temps… L’ennui, c’est que son chantier n’est pas aussi vieux qu’on le pense. Il est de la fin du XIX è siècle ! Du coup, chaque fois qu’un visiteur peu au courant des fourberies messines admire un peu trop bruyamment “le coup de ciseau des maîtres du Moyen Age“, Dujardin doit rigoler dans sa tombe. N’empêche que son souvenir est passé à la trappe. S’il était né au XIVe au lieu de vivre à la Belle époque, cet homme timide et cultivé aurait depuis longtemps laissé son nom à quelque rue messine. Hélas, il a eu le malheur de faire ce travail magnifique à la demande des Allemands. Ce qui, à leur départ en 1919, était forcément insupportable aux yeux des patriotes Messins. Comme il était Français, des revanchards firent alors courir le bruit qu’il était un ancien Communard réfugié en Moselle pour éviter des poursuites à Paris. Ce mensonge le fit passer pour un dangereux exalté dans une Moselle couleur bleu horizon. Quand, devant le Portail du Christ, je contemple avec délectation les formes troublantes des pécheresses en rang d’oignons que le sculpteur a imaginées aux portes de l’Enfer, l’envie me prend de lui faire des excuses au nom de la ville. D’autant que, chaque fois, les trente deux prophètes qu’il a fait discuter au dessous du narthex, deux par deux dans leurs niches, ont l’air du même avis. Samedi dernier, Zacharie m’a fait un clin d’oeil et dit à son copain Malachie : « Mais qu’est ce qu’ils attendent pour lui donner une rue, à notre Dujardin ? »
 


Place Saint Vincent par Jean-Claude Schoenhenz - Clermont-Ferrand - Juin 2009

Sur ce vieux cliché (1894) de la Place Saint Vincent j'ai découvert la maison de mon enfance. C'est dans ce quartier qu'ont eu lieu les derniers combats de la libération de 1945. Il y a la maison au fond de la place que je n'ai vu que démoli (par un obus je pense) dans mon enfance. J'ai joué pendant longtemps dans les caves de cette maison qui est restée en ruine jusque dans les années 1950 avant de faire place à une école maternelle. Des éclats d'obus ont percuté les piliers de l'église. Ils sont toujours visibles ainsi que sur le mur du lycée vers l'église. Un a pénétré par la fenêtre du 2ème étage. Un autre obus est tombé rue Goussaud et a tué un cheval que les habitants se sont dépêchés de manger (!!) Les obus étaient tirés par les américains depuis je ne sais quel point. Les combats principaux ont eu lieu face à la préfecture. Un FFI a été tué rue St Georges lors du dernier jour des combats. La plaque souvenir a maintenant disparu.
 





Rue du Palais par Oscar Leupold - Metz - Juin 2009

J'ai 68 ans ( né en 1941 à Metz ) et je me souviens que dans les années 1946 se dressait, à l'angle de la rue du Faisan, la rue Sainte Marie et la rue du Palais, devant la pâtisserie toujours existante, un mat de cocagne couronné à son extrémité d'un anneau auquel étaient accrochés, cadeaux, saucisson et autres friandises et victuailles. Le mat était bien graissé pour rendre l'accès difficile, et mes 3 frères et moi-même avons glissé sans atteindre le sommet ! Ma soeur âgée de 10 ans a réussi ,grâce à sa robe, à grimper et a pu ainsi récupérer un jambon ! L'anecdote est restée gravée dans ma mémoire, et chaque fois que je passe par la place de Chambre je regarde dans cette direction et les images de cette sacrée fille me reviennent à l'esprit !  





Plan d'eau du Saulcy par Jean-Claude Schoenhenz - Clermont-Ferrand - Juin 2009

Dans les années 1950, au bas du Palais de justice, en dessous de la rue de la Garde, à l'emplacement de l'actuelle port de plaisance, il y avait un bac pour aller à l'île du Saulcy ainsi qu'un embarcadère pour un gros bateau de plaisance (Le Fabert) et un petit (La Jeannette si mes souvenirs sont exacts !!) . Je n'y suis jamais monté. Je préférais aller regarder les mariniers pousser leur péniche sur le canal tout proche. Leur spectacle était gratuit! Il y avait également des locations de pédalos. Leurs utilisateurs avaient interdiction de s'approcher du Moyen Pont car un fort courant les empêcher de revenir. Je me souviens d'ailleurs d'un épisode mémorable où un imprudent avait bravé l'interdiction et des passants tentaient de lui lancer des cordes pour l'empêcher d'être entraîné vers la chute d'eau en aval (à l'emplacement des bains thermaux).





Quartier gare par Alain Jaeger - Forbach - Juin 2009

Je me souviens des années 50 où il y avait sur les larges trottoirs de Metz (entre la gare et l'avenue Serpenoise) des photographes de rue, appelés ainsi car ils prenaient à l'improviste des clichés des gens qui empruntaient ces trottoirs; surtout des militaires du contingent (Metz étant la première ville de garnison à cette époque) des villageois sortant de la gare, des amoureux, le simple passant. Mon père faisait parti de ces photographes (à leurs comptes) et avait choisi comme terrain de "chasse" le parterre de fleurs où était installé avant guerre la statue de Déroulède (fondue par les nazis). J'ai un souvenir ému lorsque aujourd'hui je passe à ce rond-point. Cette photo a été prise par mon père, il s’agit de sa future épouse (avec sa nièce) alors qu'ils ne se connaissaient pas encore.

François Delaitre nous fait partager également un cliché familial pris par ces photographes du quartier gare. Photo prise vers 1952. Sa future belle-mère accompagnée de ses trois enfants.














La rue Taison par Philippe Gérard dit de Vigneulles (1471-1528) - Vigneulles - XIVe siècle

Saint Clément sortait de sa demeure du Haut de Sainte-Croix et se dirigeait vers les arènes romaines du Sablon pour y vaincre le terrible Graouilly. En descendant la colline, il s'arrêta et, se tournant vers la foule de dignitaires et de curieux qui l'escortaient bruyamment, il dit : TAISONS-NOUS ! Pour conserver le souvenir de ces paroles mémorables, on aurait donné à ce lieu le nom de rue Taison. Au-delà de cette légende urbaine la véritable origine du nom Taison varie sur le mot Station. Cependant on ne sait pas précisément si il s’agit de la station postale où se relayaient les courriers impériaux. Des débris d’un tel édifice romain furent découverts à l'angle de la place Saint-Jacques et de la rue de Ladoucette. Où l’hypothèse d’une station liturgique. En effet, des processions au cours desquelles les fidèles portaient des croix dites stationnales s'arrêtaient à l'église Sainte-Croix, une des stations de ces processions.