Les amphithéâtres de Metz

2000 ans, face à face culturel - Montage photo Metz Avant
 
© Shigeru Ban Architects Europe & Jean de Gastines / 3D Artefactory - Montage photo Metz Avant - [Centre Pompidou-Metz]
Durant l’antiquité, Divodurum Mediomatricorum (Metz) comptait deux établissements de divertissement. Le plus grand au sud de la ville et un autre, plus petit, au nord. Le grand amphithéâtre (situé à côté de l’actuel Centre-Pompidou Metz), construit certainement à la fin du Ier siècle, se trouvait hors de l’enceinte de la ville. La construction d’un plus petit, dans l’enceinte de la cité, aura lieu plus tard (situé aux abords de l’actuelle rue Sainte-Marie).
En se basant sur les fouilles dirigées en 1902 par le major Schramm, le grand amphithéâtre mesurait 148 mètres sur 126 pour une hauteur de 27 mètres. Recouvert de granite, marbre et mosaïques, sa façade était composée de 76 arcades, et on pouvait y pénétrer par deux entrées principales de 5 mètres de hauteur (il existait également deux autres entrées annexes). Sa construction peut-être datée vers la fin du Ier siècle. Il était un des plus important de la Gaule romaine avec une capacité de 25000 places.
C'est dans les fosses de cet amphithéâtre que l’on attribue le premier lieu de culte chrétien à Metz, Saint-Pierre-aux-Arènes, après l'arrivée du premier évêque Saint-Clément, vers 280. D'après la tradition, Saint-Clément terrassa dans l'amphithéâtre un monstre légendaire, le Graouilly, symbole du paganisme.
La majorité des vestiges fut rasée lors du siège de Metz par Charles Quint, en 1552.
Les écrits nous parlent d’un délabrement de l’édifice. Fabert en 1610 nous informe que seul une cinquantaine de colonnes perduraient dans les vestiges. Meurisse en 1627 où Ancillon en 1678 décrivaient l’ancien amphithéâtre comme une ruine. Il servira alors de carrière pour la construction de différents monuments de la ville.
Après la visite de l'empereur Guillaume II en 1902 les fouilles furent comblées. A cet endroit fut alors entrepris la construction de la gare de marchandises.
Moitié du XXème siècle on se souviendra essentiellement de la SERNAM, créée en 1972 par la SNCF. À l’époque cette filiale de la SNCF occupait la majorité des hangars et locaux. L’activité arrêtée, les bâtiments furent abandonnés en 1997.
Ces terrains accueillent de nos jours un nouvel espace urbain dédié à l’habitat, aux affaires et à la culture avec le Centre-Pompidou Metz. La première pierre fut posée en novembre 2006 et son ouverture eu lieu en mai 2010.
Le second amphithéâtre de Metz
De taille plus modeste, 75 mètres, le second amphithéâtre de Metz était inséré dans les fortifications de la ville. Avec la particularité de ne posséder qu'un côté de gradins, on peut lui attribuer une autre fonction, celle d'Odéon (édifices antique affectés aux chants, aux concours de poésie et de musique). Il pouvait accueillir près de 6000 spectateurs.
Sa construction peut être datée entre le IIe et IVe siècle.
La structure en courbe de la rue Sainte-Marie nous témoigne que les édifices au Moyen Age se sont greffés sur l’enceinte des ruines de l’amphithéâtre.
Cela a permis à quelques traces de l’amphithéâtre de perdurer dans le temps. Des couloirs de service de l’amphithéâtre et les murs soutenant les gradins sont visibles de nos jours dans les sous-sols de la résidence de LogiEst (ouvert chaque année lors des journées du patrimoine).
A la fin du XIIe siècle, les restes de l’édifice sont confiés aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem qui réaménageront un bâtiment connu sous le nom d’Hôpital de Saint-Jean-en-Chambre.
En 1560, lors de la construction de la citadelle, l’abbaye Sainte-Marie y est déplacée et prend son nom. L’édifice sera encore fréquemment modifié. Son église détruite en 1444 sera remplacée deux ans plus tard par une chapelle.
En 1760 elle s’unit avec l’abbaye de Saint-Pierre pour former l’abbaye Saint-Louis.
Chastillon a réalisé une gravure en 1604 qui permet d’imaginer son état à cette époque : le mur d’origine est toujours visible, parsemé de fenêtres médiévales et renaissance et d’ajouts comme le clocher de l’église Sainte-Marie.
A la Révolution, l’abbaye Saint-Louis perdit son rôle religieux et en 1797 on décida de remanier le quartier en créant de nouveaux axes de circulation.